Le spécialiste de la sécurisation de portefeuilles de bitcoins a réalisé avec succès une levée de fonds auprès de Draper Esprit, Draper Venture Network, FirstMark Capital, Cathay Capital et Korelya Capital.

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Ledger a des problèmes de riches comme beaucoup de start-up aimeraient bien en avoir. Les ventes de son produit phare sont à ce point bonnes que le compteur, un écran accroché au mur de l’entrée des nouveaux locaux parisiens de la jeune pousse, n’arrivait pas à passer le cap du million de Nano S vendus ou précommandés. Il restait bloqué à 999.999.

Non contente de ce succès commercial, la start-up annonce ce jeudi 18 janvier avoir levé 75 millions de dollars – portant à près de 80 millions le montant total levé – auprès d’investisseurs de renom comme Draper Esprit, Draper Venture Network, FirstMark Capital, Cathay Capital ou encore auprès du fonds présidé par l’ancienne ministre Fleur Pellerin, Korelya Capital.

45 millions de chiffre d’affaires

« Notre motivation première était de trouver des partenaires financiers et technologiques pour nous aider à déployer nos solutions » explique Eric Larchevêque, directeur général de Ledger.

Le boom du bitcoin, et l’explosion des ventes de clefs de sécurité qui en a découlé, en a surpris plus d’un. « Personne n’était préparé à autant de croissance. Nous avons eu une production assez réactive car nos plans de prévisions étaient optimistes, mais nous avons quand même été en rupture de stocks », raconte Eric Larchevêque.

Une clef pour professionnels

En dépit de ces aléas, la jeune pousse se porte très bien. Non seulement elle a dégagé un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros en 2017 et emploie 82 personnes, mais elle assure aussi être déjà très rentable. Et ce n’est pas près de s’arrêter, puisque Ledger anticipe un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2018. De plus la start-up s’apprête à entrer sur le marché des professionnels avec le Ledger Vault.

« Des investisseurs institutionnels ont manifesté en 2017 leur souhait de prendre des positions sur les cryptomonnaies, mais ils n’avaient pas de solutions techniques. D’où le Ledger Vault qui assure une couche dépositaire de sécurité et de gouvernance ». Ce produit qui devrait être commercialisé dans la seconde moitié de 2018, permettra aux banques, hedge funds et family office de gérer leurs actifs en cryptomonnaies.

Ledger dispose d’une troisième corde à son arc avec un système d’exploitation pour faire tourner n’importe quelle application blockchain. Cette technologie pourrait équiper les futures voitures connectées, les usines 4.0… où les transactions seront permanentes. Cet axe de développement a encore le temps de mûrir, car pour le moment, il est difficile d’imaginer payer son plein d’électricité en bitcoins. « Pour déployer la technologie blockchain à grande échelle, une étape clé sera la création de monnaies d’Etat cryptographiques, comme des crypto-euros », assure Eric Larchevêque. Le chemin promet d’être encore long.

Grâce à ses technologies, la start-up nourrit néanmoins de grandes ambitions : « Ledger a vocation à devenir un géant technologique Européen des applications de la blockchain, en particulier des cryptomonnaies », détaille Eric Larchevêque. S’il devait se comparer aux géants d’internet et de ses infrastructures, il choisit Cisco pour ce qui est d’accéder à un réseau de façon sécurisée, et Apple pour la simplicité, le design et l’approche de bout en bout de ses produits. En espérant que les déboires d’affichage du compteur, façon bug de l’an 2000, ne soient pas la préfiguration d’une nouvelle bulle internet.

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