Alors que le bitcoin ne cesse de chuter, la banque britannique Lloyds Bank a décidé ce lundi d’interdire l’achat de cryptomonnaies par carte de crédit à ses clients. Une décision pour l’instant inédite en Europe et qui témoigne d’une volonté plus large de réguler un marché très instable.

Les monnaies virtuelles sont dans le viseur des banques. Lundi, la banque britannique Lloyds Banking Group a annoncé avoir interdit tout achat de bitcoins et autres cryptomonnaies par ses clients à l’aide de cartes de crédit. Cette mesure s’étend aussi à ses filiales, la Bank of Scotland, Halifax et MBNA, mais ne s’applique pas aux clients possédant des cartes de débit.

Le groupe n’est pas le premier à prendre une telle décision. En fin de semaine dernière, plusieurs grandes banques américaines, JP Morgan, Citigroup et Bank of America, ont également mis fin à ce type de transaction dans le but de protéger leurs clients des dangers de ces monnaies.

Indépendant des banques centrales, le cours des monnaies virtuelles est particulièrement fluctuant. C‘est le cas du bitcoin, la plus connue et populaire des cryptomonnaies, qui a connu une chute vertigineuse ces dernières semaines. Après avoir atteint les 20.000 dollars à la fin du mois de décembre, il est brusquement tombé sous la barre des 15.000 puis des 10.000 dollars. Il est aujourd’hui estimé sous les 7.500 dollars et devrait encore continuer à chuter.

Instables, ces monnaies sont aussi des actifs très spéculatifs de par leur nature virtuelle. Elles exposent ainsi les particuliers qui s’en procurent à crédit à des situations de surendettement. L’interdiction décidée par les banques américaines et britannique se concentre uniquement sur les cartes de crédit en raison des risques considérables pour les clients peu solvables. Le bitcoin représente en effet un investissement à haut risque et peut faire perdre très vite et beaucoup à ses acheteurs.

Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, à qui le tour?

Marchant dans les pas de banques américaines, la Lloyds Bank est le premier établissement européen à prendre de telles mesures face aux risques spéculatifs des monnaies virtuelles. Après elles, d’autres groupes bancaires en Europe pourraient-ils eux aussi prendre les devants pour protéger ses clients? Aucune annonce n’a été faite dans ce sens mais par un effet d’entraînement, d’autres banques pourraient décider, elles aussi, de réagir à la chute du bitcoin alors qu’aucune réglementation n’existe pour l’instant.

Depuis plusieurs mois, les autorités et les acteurs bancaires ont pourtant manifesté leur inquiétude face à cette absence de régulation. Mais jusqu’ici, aucune mesure concrète n’a été prise en dépit des annonces faites ces derniers mois. En décembre dernier, l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution avaient tiré le signal d’alarme et alerté le public sur les dangers du bitcoin.

Plusieurs pays se sont récemment prononcés en faveur d’un meilleur encadrement des cryptomonnaies. Au Forum économique mondial de Davos fin janvier, la question a été soulevée par le Royaume-Uni. De leur côté, la France et l’Allemagne ont annoncé que des propositions communes seraient faites lors du sommet du G20 à Buenos Aires au mois de mars. Un cadre juridique international pourrait ainsi voir le jour à l’avenir, poursuivant dans la direction empruntée par les banques face aux risques de cette «bulle spéculative 2.0».

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