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Pour quelle raison la Corée du Sud fait trembler les cours du Bitcoin

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Souvent surnommée “le pays du Bitcoin”, la Corée du Sud pèse 20% des échanges mondiaux. Elle est aussi l’une des sources d’inquiétudes majeures des investisseurs en cryptomonnaies.

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Après une fin d’année marquée par la croissance exceptionnelle du cours du bitcoin, les premières semaines de 2018 souffrent de variations particulièrement erratiques. C’est dû, en partie, à des facteurs d’ordre psychologique. Certains néo-investisseurs vendent leurs cryptomonnaies en catastrophe lors des baisses. Ce comportement engendre des chutes encore plus retentissantes et des paniques sur les marchés. Voilà le pain quotidien de l’investisseur en bitcoins… Mais un nouvel élément vient apporter sa dose d’incertitude depuis quelques semaines : la menace d’une régulation du secteur en Corée du sud.

Pourquoi est-ce important ? Avec 2 millions d’investisseurs en bitcoins pour 51 millions d’habitants, la Corée du Sud est le pays où la cryptomonnaie a le meilleur taux de pénétration au monde. Jeune actifs, retraités, etc. Toutes les classes d’âge s’y mettent. Ses plateformes d’échange, Bithumb et Coinone en tête, sont parmi les plus importantes du monde en terme de volume (elles représentent 20% des transactions totales). Le pays du matin calme est ainsi devenu un véritable crypto-laboratoire de ce qui attend les autres pays, dont la France, qui prévoient eux aussi d’adapter leur arsenal juridique.

Dernière annonce en date, la Commission des services financiers sud-coréenne a averti mardi 23 janvier qu’elle mettrait en place d’ici fin du mois un système obligeant les utilisateurs de monnaies électroniques à renseigner leur véritable identité sur les plateformes d’échange (certaines autorisaient jusqu’à présent un simple pseudonyme). Cette mesure signe la fin de l’anonymat sur les plateformes de trading. Elle vise à éviter que les transactions servent à blanchir de l’argent ou à de l’évasion fiscale. Les plateformes auront également l’obligation d’alerter le fisc si un utilisateur dépose ou retire l’équivalent de 7.500 euros sur une journée ou plus de 15.000 euros en une semaine. Le système permettra également de collecter des taxes sur les échanges en cryptomonnaie.

Au rayon fiscalité toujours, l’agence de presse sud-coréenne Yonhap a déclaré la veille que les plateformes s’acquitteront d’une taxation de 24,2% sur les bénéfices réalisés en 2017. Citant un membre de l’administration fiscale, Yonhap a affirmé que le leader Bithump payera environ 45 millions d’euros. D’autres mesures pourraient être annoncées prochainement.

Des fausses annonces ont fait chuter les cours mondiaux

Ces annonces viennent après plusieurs jours de rumeurs lors desquels les hypothèses les plus extrêmes ont circulé. Le 11 janvier, le cours du Bitcoin a plongé de 20% après une déclaration du ministre de la Justice promettant une interdiction des plateformes. Cette annonce n’engageait pas le gouvernement et le ministre est coutumier de genre d’attaque envers les cryptomonnaies. En vain, la chute des cours n’a pas été contenue malgré le démenti du cabinet du Premier ministre publié le même jour.

D’après la tendance actuelle, Séoul ne prend pas la direction d’une interdiction des échanges. Le gouvernement cherche surtout à refroidir les ardeurs des spéculateurs en herbe qui investissent dans le Bitcoin en imaginant une fortune rapide.

Une pétition mise en ligne fin décembre sur le site de la présidence de la République sud-coréenne a dépassé mi-janvier le seuil des 200.000 signatures et oblige l’exécutif à répondre clairement aux inquiétudes des crypto-épargnants. Dans le texte, anonyme, les auteurs expliquent que les risques pris par les particuliers sur le marché des cryptomonnaies sont similaires à ceux encourus sur les marchés boursiers et qu’ils relèvent de choix individuels. “Les gens ne sont pas stupides”, s’agace le texte, avant de souligner : “Nous avons pu réaliser des rêves joyeux que nous n’aurions jamais pu connaître sans les devises virtuelles”. La pétition évoque l’achat d’une propriété ou l’amélioration du niveau de vie des habitants d’un pays touché par le ralentissement économique. Des arguments qui font mouche, pour l’instant, auprès de l’opinion publique : selon un sondage publié le 15 janvier par l’institut sud-coréen Incruit, 35% des sondés sont opposés à un durcissement des règlementations, 21% réclament un encadrement plus strict et 42% estiment que le marché se stabilisera seul avec le temps.

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