Il n’y a pas que le bitcoin parmi les cryptomonnaies qui ont la cote. L’ether tire son épingle du jeu depuis plusieurs mois. Sa courbe de croissance en atteste (+ 9000 % en 2017) et place la devise juste derrière le bitcoin dans les usages.

Créé en 2013 et officiellement annoncé en 2014 par Vitalik Buterin, jeune Russo-canadien d’alors 19 ans, Ethereum ne fonctionne pas tout à fait comme le protocole Bitcoin. Il ne s’agit pas juste d’une plateforme utilisant une monnaie décentralisée (l’ether) et permettant une transaction entre deux utilisateurs.

Comme Bitcoin, Ethereum a mis en place une blockchain (moyen de stocker et transmettre des informations de manière sécurisée, transparente et décentralisée, avec historique des opérations). Ce réseau est composé de milliers d’ordinateurs qui communiquent en permanence et partagent une même base de données qui contient la liste de tous les participants au réseau et ne peut donc être modifiée. Comme pour le bitcoin, l’ether est une unité servant de monnaie d’échange sur la blockchain Ethereum. Associé à une clé publique, il est matérialisé par une inscription en numéraire dans le protocole, ce qui représente son détenteur.

Ethereum -dont le nom fait référence à l’invisibilité de l’éther- permet ainsi aux développeurs de créer n’importe quelle application dans de multiples domaines (musique, sécurité, information, jeu, etc.). Cela peut servir à décentraliser le stockage de ses fichiers et ainsi les préserver ou les sécuriser plus fortement. Des artistes pourraient également créer une appli leur permettant de gérer directement leurs royalties en ether, les organes de presse s’en serviraient pour se rémunérer à l’article en cryptomonnaie.

Le « Smart Contract », la clé d’Ethereum

Ethereum s’apparente finalement à une sorte de super réseau d’ordinateurs décentralisé à l’échelle mondiale dans lequel chaque acteur va faire une partie du travail via l’appli décentralisée (dApp). Il tient ainsi sa force d’une autre promesse : le contrat intelligent (Smart Contract). Il s’agit d’un protocole informatique qui vérifie la demande de transaction et l’exécute automatiquement à l’issue d’une succession d’actions, le tout avec un maximum de sécurité. La blockchain Ethereum sert alors d’interlocuteur de confiance entre particuliers ou entreprises.

L’assureur Axa s’appuie par exemple sur elle pour son produit « fizzy » qui indemnise ses souscripteurs en cas de retard de leur vol. Ainsi pas besoin de déclaration de sinistre, ni d’intervention humaine, « le Smart Contract est connecté aux bases de données du trafic aérien mondial, et dès lors qu’un retard de plus de deux heures est constaté, l’indemnisation se déclenche automatiquement », explique l’entreprise.

En participant activement à la blockchain (en consommant de l’électricité pour valider les futurs blocks à l’aide de matériel dédié), le mineur peut recevoir des ethers en contrepartie. Chaque transaction entre utilisateurs ou déploiement de Smart Contracts déclenche une rémunération en ethers pour les mineurs correspondant à des frais et dépendant de la complexité de l’opération définie en gaz (prix indirectement fixé par les mineurs en ether). L’ether sert, en quelque sorte, de carburant au Smart Contracts.

Les Smart Contracts peuvent aussi gérer d’autres actifs numériques appelés tokens qui pourront être utilisés dans des applications particulières, pour mesurer la fiabilité d’un utilisateur ou encore pour voter dans un contrat particulier. Les tokens peuvent être (r)achetés en ether ou bitcoin par les initiateurs d’un projet.

Ethereum doit son envol au développement dès 2016 de l’Initial Coin Offering (ICO) qui permet la levée de fonds en cryptomonnaie et dont plus de 50% des opérations sont réalisées en ether.

Les applis, la force et la vulnérabilité d’Ethereum

Si le concept initial d’Ethereum est malin, il n’est pas sans fragilité. Et notamment dans la conception des applications qui lui sont rattachées. C’est d’ailleurs par elles que la cryptomonnaie a connu bon nombre de ses problèmes de faille et piratage. En mai 2016, Ethereum a été victime de hackers qui avaient décelé une vulnérabilité dans une application blockchain utilisée. La valeur de l’ether avait alors chuté de 50%, volant plus de 50 millions de dollars en cryptomonnaie. De la fiabilité des applis dépend celle d’Ethereum.

L’autre souci vient du nombre de transactions faites à la minute qui rapidement sature le réseau (dès 7 à 8 transactions par seconde). Selon le YouTubeur ArtPlay Crypto, spécialiste de la cryptomonnaie, une mise à jour semble nécessaire pour faire grossir Ethereum. Mais elle s’accompagnerait potentiellement de nouvelles vulnérabilités.

Homme au fort tempérament, connu pour son invention, ses tweets autant que ses t-shirts ornés de chats, Vitalik Buterin fait partie des personnalités de moins 40 ans les plus influentes de la planète selon Fortune, aux côtés des Bill Gates et autres Elon Musk. S’il croit fort en son invention, il ne cache pas sa volonté d’en faire quelque chose de bien. Il s’en est récemment pris à la communauté crypto, lui reprochant son « immaturité » et son besoin de faire étalage de richesse numérique plutôt que d’aider la communauté à grandir.

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