Les cryptomonnaies, désormais connues de tous, ont dévissé mardi dans des proportions assez préoccupantes. Le Ripple, la ‘star’ de la fin d’année 2017, a décroché de 31,6% sur une journée à 1,22$ sur Bitfinex. L’Ethereum, qui venait de toucher un sommet historique, a plongé pour sa part de 20% à 1.052$, après avoir flanché un peu plus tôt sous les 1.000$. Enfin, la mère des crypto-devises, le Bitcoin, a trébuché de 18% à 11.390$ sur Bitfinex.

Bruno Le Maire lance une mission

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Ainsi, les principales ‘cryptos’ retombent au plus bas de pratiquement un mois, alors que les régulateurs mondiaux étudient désormais de plus près le phénomène. En France, Bruno Le Maire a d’ailleurs annoncé une mission sur le sujet des cryptomonnaies. Un ancien de la Banque de France, Jean-Pierre Landau, sera chargé de cette lourde tâche. Le Ministre français de l’économie s’est inquiété des risques de spéculation, de fraude et de détournements financiers liés aux ‘cryptos’. Bruno Le Maire demande d’ailleurs à ce que le G20 planche lui aussi sur la question…

L’autorité européenne des marchés financiers alerte

L’AEMF (autorité européenne des marchés financiers – ESMA pour les anglo-saxons), autorité indépendante de surveillance basée à Paris, a d’ailleurs prévenu. Selon son président Steven Maijoor, interrogé à Hong Kong par l’agence Bloomberg, les investisseurs en cryptomonnaies devraient « être prêts à perdre tout leur argent ». Ce spécialiste constate l’extrême volatilité des devises digitales, qui annihile leur intérêt en tant que monnaies au sens strict. En outre, Maijoor relève le faible niveau d’acceptation des ‘cryptos’. En novembre, l’AEMF avait déjà prévenu les investisseurs des risques des ICO (‘initial coin offerings’), ces levées de fonds par émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies…

La Bundesbank demande une régulation mondiale

La Bundesbank, Banque centrale allemande, plaide de son côté pour une réglementation mondiale du bitcoin et des ‘cryptos’. D’après Joachim Würmeling, membre du directoire de la banque, cité aujourd’hui par l’agence Reuters, les règles nationales auraient en effet du mal à endiguer le phénomène. Une régulation efficace des crypto-devises ne serait donc possible que dans le cadre d’une vaste coopération internationale…

L’Asie fourbit ses armes

Le Bitcoin et les cryptomonnaies avaient déjà souffert la semaine dernière, du fait d’une potentielle interdiction en Corée du Sud. Le régulateur financier sud-coréen avait récemment prévenu qu’il inspectait, avec d’autres agences, six banques locales offrant des comptes en devises digitales aux institutions. Les rumeurs ont ensuite concerné une possible interdiction des échanges de Bitcoin et de ‘cryptos’ en Corée du Sud.

L’agence Reuters citait à ce sujet des commentaires du Ministre local de la Justice, Park Sang-ki. Ce dernier aurait affirmé que son ministère étudiait une législation interdisant les échanges de cryptomonnaies, suite à de longues discussions avec un certain nombre d’agences gouvernementales, dont le ministère des finances.

Coinone et Bithumb, deux des principales plateformes d’échange de cryptomonnaies du pays, avaient par ailleurs été perquisitionnées, preuve de la volonté locale de régulation…

Pas de mesure immédiate en Corée du Sud

Néanmoins, une telle interdiction ne pouvait pas être immédiate. En effet, le projet local de loi devra être approuvé préalablement par le parlement, ce qui constitue une procédure généralement assez longue, qui pourrait même durer plusieurs années. En outre, BitcoinEthereumRipple et autres cryptos connaissent un succès croissant en Corée du Sud, et les élections locales, prévues cette année, approchent, ce qui devrait encore compliquer les choses pour les régulateurs inquiets.

Après les menaces de la semaine dernière, la Corée du Sud affirme désormais qu’elle décidera des suites à donner concernant les échanges de ‘cryptos’… après de nouvelles discussions. Le gouvernement temporise donc, expliquant que l’éventuelle interdiction tant redoutée reste conditionnée à certaines consultations et certaines discussions supplémentaires. D’après le gouvernement sud-coréen, la fermeture proposée des échanges de cryptomonnaies, récemment mentionnée par le Ministère de la Justice, ne serait en fait qu’une des pistes suggérées pour apaiser la spéculation.

Les devises digitales connaissent un succès assez phénoménal en Corée du Sud, et les principales ‘cryptos’ s’échangent d’ailleurs à des cours bien plus élevés sur les plateformes locales, ce qui tend également à inquiéter les autorités.

La Chine veut mettre de l’ordre

La Chine veut également remettre de l’ordre sur ce marché, en particulier sur le segment du minage de ‘cryptos’, particulièrement énergivore. Le pays avait déjà visé les devises digitales l’an passé, ciblant alors les plateformes d’échange et les applications dédiées, relate l’agence Bloomberg, selon laquelle les autorités chinoises devraient intensifier la répression…

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