C’est sur le concept même de la cryptomonnaie Libra, que veut lancer Facebook, que le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) bâtit sa proposition. Celle-ci concerne la mise en place d’une Monnaie Numérique de Banque Centrale qui serait utilisée au niveau des échanges mondiaux. Cette idée va permettre aux Etats de profiter des avantages de la technologie blockchain, mais également de s’opposer au rêve de domination monétaire globale du géant des réseaux sociaux.

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En effet, la Libra est alors encore connue sous le nom de Global Coin. Cependant, l’idée de la BoE prend également de revers la monnaie de refuge actuelle, le dollar. Ce dernier pourrait en effet être reclassé en second rang si une monnaie commune aux banques centrales voit le jour.

Une monnaie numérique concurrente du dollar, inspirée de la Libra de Facebook

L’idée d’une monnaie globale est actuellement devenue au centre des intérêts des institutions financières et même des banques centrales. Cette idée leurs aurait été inspirée par le projet de cryptomonnaie Libra de Facebook elle-même. Évoquée par le gouverneur de la Banque Centrale Britannique, le concept risque également d’ébranler le piédestal érigé au nom du dollar américain au passage.

Le Gouverneur de la Banque d’Angleterre plutôt optimiste à l’égard de la Libra

Les banques centrales du monde entier, sauf une, ont émis leurs farouches oppositions à l’idée que la Libra de Facebook puisse entrer en concurrence avec les monnaies souveraines. En effet, le gouverneur de la BoE s’est montré très modéré avec le projet de Facebook.

Cette ouverture s’est manifestée entre autre depuis que le PDG du géant des réseaux sociaux s’est déplacé personnellement pour le rencontrer. Mark Zuckerberg s’est en effet rendu à Londres le 24 mai avec pour ambition de convaincre le gouverneur de la BoE concernant les intentions de la Libra à se conformer aux réglementations de chaque pays. Le président de la firme a également voulu rassurer cette haute personnalité de la finance européenne quant à l’absence de risques engendrés par la Libra pour la souveraineté des monnaies nationales.

Carney qui avait démontré à maintes reprises son opposition contre le Bitcoin montra cependant un accueil favorable au projet de cryptomonnaies du géant des réseaux sociaux. En effet, pour le gouverneur de la BoE, les monnaies numériques ont plusieurs faiblesses, dont celle de ne pas être pour le moment viables et efficaces pour les échanges mondiaux. Pour le cas de la Libra, il a déclaré que des efforts de conformité devaient encore être réalisés, mais que celle-ci propose de réelles solutions quant au secteur des paiements transfrontaliers et à l’adoption.

Comment est née l’idée d’une monnaie numérique de banque centrale ?

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre est visiblement le seul à ne pas être farouchement opposé au projet de Libra de Facebook. Les détracteurs de celle-ci sont présents aussi bien au niveau du cercle des législateurs mondiaux que des banques centrales.

Entre autre, le sommet du G7 qui a eu lieu à Chantilly le 17 juillet a fait émerger une entente commune concernant la nécessité d’un Task Force au sujet de la Libra. L’idée a été émise pour la première fois par Bruno Le Maire, le Ministre français de l’Économie, face au projet de concurrence que la Libra tente d’instaurer face aux monnaies souveraines. Il prône entre autre l’absence de conformité de la cryptomonnaie et déclare que cette dernière doit au moins respecter les mêmes règles auxquelles sont soumises les devises.

Cette position avait également été adoptée par le Ministre américain de l’Economie, quelques heures auparavant. Mark Carney n’avait pas adopté ce point de vue à l’époque, et la véritable raison a été dévoilée plus tard avec la présentation de son projet de Devise Synthétique Hégémonique.

La Devise Synthétique Hégémonique, la remplaçante du dollar

C’est à Jack Hole, lors de la réunion annuelle de la FED (la banque centrale américaine), que Mark Carney a dévoilé sa position. Le Gouverneur de la BoE considère qu’il est temps pour le dollar américain de céder son rang de réserve mondiale de valeur.

A ce titre, il propose aux autres banques centrales de concentrer leurs efforts dans la mise en place d’une solution plus globale et plus efficace, en se basant sur les avantages et les innovations proposés par la technologie des cryptomonnaies. Carney voudrait en effet suivre l’exemple de Facebook pour créer une devise numérique mondiale, d’où les propos modérés qu’il a émis à l’égard de la Libra.

Mais, les craintes du Gouverneur de la BoE ont été devancées de quelques mois par la Banque Centrale Chinoise, laquelle a déjà commencé le développement de sa crypto-devise nationale nommée pour l’instant DCPE. Celle-ci a été annoncée officiellement le 9 mars par Zhou Xiaochuan, le Gouverneur de la Banque Populaire de Chine, face aux inquiétudes engendrées par les aspirations de velléité financière de la Libra.

Carney doit également avoir quelques inquiétudes face à la longueur d’avance prise par la Chine avec sa devise numérique. Celle-ci pourrait très bien être promue au rang de valeur numérique de refuge si les pays occidentaux ne se hâtent dans le projet de leur Devise Synthétique Hégémonique. Quoiqu’il en soit, contrairement à la Libra, ces projets veulent directement concurrencer le Dollar américain.

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