Malgré les belles promesses de la cryptomonnaie Libra de Facebook, la Banque Centrale Européenne considère que les risques qu’elle représente sont trop dangereux. L’institution prévient ainsi les régulateurs et citoyens européens contre la menace qui pèse sur les monnaies souveraines dans le cas où elle serait massivement adoptée. Le crypto-actif du géant des réseaux sociaux pourrait en effet nuire à l’équilibre monétaire mondial et surtout à l’Euro.

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Son adoption repose sur les 2,5 milliards d’utilisateurs de Facebook, mais surtout ceux de ses applications de messagerie instantanée Messenger et WhatsApp au niveau desquels le portefeuille Calibra sera directement intégré. Les grands acteurs du secteur des paiements, comme Visa et Mastercard, qui composent la Libra Association, disposent également d’un grand nombre d’abonnés qui peuvent accélérer l’expansion systémique de son utilisation.

Par ailleurs, la Libra cible la population non-bancarisée des pays émergents, soit 2 milliards d’utilisateurs potentiels supplémentaires. Actuellement, le lancement de la crypto de Mark Zuckerberg n’attend que l’aval des régulateurs, qui étudient les règlementations devant lui être appliquées.

La BCE se méfie de la Libra et des autres cryptomonnaies privées

Le secteur des cryptomonnaies attend avec impatience le lancement de la Libra. Cette dernière a en effet le potentiel de démocratiser l’utilisation des monnaies virtuelles. Cependant, après que de nombreuses institutions financières mondiales et autres régulateurs aient déclarées leurs inquiétudes face à la cryptomonnaie de Facebook, c’est au tour de la Banque Centrale Européenne d’émettre maintenant les siennes.

La BCE critique les intérêts privés de la Libra

La Banque Centrale Européenne a conscience que la Libra attire de nombreux utilisateurs privés et publics à cause de ses belles promesses. En effet, la cryptomonnaie de David Marcus veut s’établir en tant que moyen de paiement global, plus rapide et moins cher que les systèmes de transactions transfrontalières actuelles. Ciblant également l’inclusion financière des populations non-bancarisées, elle se propose comme une solution légitime aux besoins économiques mondiaux.

Cependant, c’est à Francfort, lors d’une conférence organisée par la BCE le 1er septembre, qu’Yves Mersch a fait un rappel contre les risques liés aux monnaies privées, dont la Libra en tête. Il explique ainsi que les monnaies d’Etats sont émises par les Banques Centrales dans le but de garantir et de préserver les intérêts communs. Selon lui, cette aspiration n’est pas présente chez les monnaies virtuelles privées, lesquelles servent surtout à leurs actionnaires de poursuivre des buts lucratifs.

En effet, dans le cas de la Libra, même si des organisations à buts non-lucratifs et des Universités feront partie des membres de la fondation en charge de sa gestion, la majorité des actionnaires ont payé un milliards de dollars pour pouvoir acquérir des tokens permettant de contrôler chacun l’un des 100 premiers nœuds du réseau Balance.

Les monnaies émises par les Banques Centrales face à la Libra

Yves Mersh a profité de son allocution devant les membres de la BCE pour rappeler également le rôle fondamental des banques centrales dans le système financier mondial en tant que piliers et garanties monétaires. Membre du Directoire de la BCE et ancien gouverneur de la BCL (Banque Centrale du Luxembourg), il prône les garanties qu’incarnent les Banques Centrales face aux risques économiques que peuvent traverser les pays. Selon lui, la stabilité des monnaies souveraines et la politique d’impartialité des institutions sont à la base des valeurs et des devoirs dont sont investies les banques centrales, et dont ne se soucient pas les émetteurs privés de cryptomonnaies.

Mersh souligne même que ces valeurs seraient même menacées par l’approbation du lancement de la Libra. En effet, grâce à une adoption massive éventuelle, cette dernière pourrait réduire l’emprise de la BCE sur l’Euro et par la même occasion diminuer la place financière des banques européennes. L’impact sur ces dernières risque d’affaiblir la politique monétaire de l’Union Européenne et l’utilisation de l’Euro dans les transactions internationales.

Or, une devise perd de sa valeur lorsqu’elle devient moins recherchée. Notons que les craintes de Mersh ciblent surtout les monnaies privées, mais elles peuvent également s’avérer dans le cadre des crypto-devises planifiées par les banques centrales elles-mêmes, comme en Chine, en Russie et en Angleterre.

La Libra de Facebook décidée à gagner la bataille de régulation

Face aux nombreuses critiques dont fait l’objet sa cryptomonnaie, Facebook est bien décidée à lancer la Libra, même si convaincre les régulateurs peut prendre du temps. En effet, David Marcus, le créateur du projet a notamment promis aux parlementaires et régulateurs américains, que le déploiement de la crypto du réseau Balance ne serait réalisé que lorsque toutes les questions et inquiétudes auront été résolues.

Bien que de nombreuses autorités souhaitent tout simplement l’abandon du projet, celui-ci n’est donc que momentanément retardé. Afin de mettre toutes les chances de son côté, Facebook a récemment fait appel aux services du cabinet de lobbying FS Vector. Ce dernier se déclare être spécialisé dans la résolution des problèmes de régulation qui empêchent la croissance de ses clients. Il serait également plus que compétent dans les questions touchant le secteur des cryptomonnaies.

En engageant ce spécialiste, Mark Zuckerberg espère diminuer les inquiétudes des régulateurs et lever le grand poids des pressions réglementaires qui pèsent sur le projet Libra. Il devra notamment faire face aux administrations gouvernementales, aux banques centrales et aux autres régulateurs pour négocier un cadre réglementaire plus favorable et moins exigeant pour les cryptomonnaies privées.

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