Le projet de Telegram à lancer sa cryptomonnaie Gram sur un réseau de blockchain TON décentralisé a été maintenu secret jusqu’à ce qu’une agence financière russe ne divulgue l’un de ses documents. Néanmoins, le projet mené par cette application russe de messagerie cryptée a fait grand bruit avec ses deux ICO qui ont permis de collecter 1,7 milliards de dollars. Ce montant est un record historique et reflète l’ampleur et les ambitions de l’entreprise. Le projet vise en effet à concurrencer Visa et Mastercard en matière de facilité de paiement.

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94 investisseurs de grands noms, comme Benchmark et Lightspeed Capital, ont ainsi participé à son financement, mais devront être remboursés si les tokens ne sont pas disponibles à la date du 31 octobre. La firme est donc actuellement engagée dans une course contre la montre, pour ne pas avoir à reverser les vertigineuses contributions qui lui ont été octroyées.

Telegram risque de voir son projet TON être abandonné

Le principal obstacle au lancement de la blockchain de Telegram avant le 31 octobre est la conformité à des législations déjà antipathiques à ce type de projet. Bien que décentralisé, TON ressemble en effet à moindre mesure au projet Libra de Facebook. En effet, ce service de messagerie compte 300 millions d’utilisateurs, dont surtout des cryptonnautes.

TON-Gram, le projet crypto secret à blockchain décentralisé de Telegram

Ayant son siège à Berlin, Telegram est une application de messagerie qui propose le chiffrement des échanges. Il a été créé par les frères Nikolaï et Pavel Dourov, afin de permettre des correspondances intraçables par la FSB, le service chargé de la sécurité intérieure russe. Cette fonctionnalité lui a, entre autre, attiré de nombreuses tentatives de censures et de blocage, car l’application est devenue la préférée des djihadistes et autres terroristes, comme ceux liés aux attentats qui ont eu lieu en France en novembre 2015.

Cependant, les projets de censure ont, au contraire, augmenté la notoriété de Telegram qui recense plus de 12 milliards de messages échangés par jour. Le projet de blockchain décentralisé n’est publiquement dévoilé qu’à l’occasion de la première levée de fonds de janvier 2018. Si la Libra a publié son White paper à la vue de tous les législateurs, le secret qui entoure TON et son token Gram peut devenir un handicap majeur à l’approbation du projet et de son lancement.

La blockchain de Telegram peut être interdite à cause de ses transactions anonymes

En effet, prévu avec un wallet disponible en natif sur l’application de messagerie, le réseau de Telegram bénéficie d’une base de 300 millions d’utilisateurs et peut aussi espérer une large adoption, comme la Libra. Or, cette dernière est perçue par les nations comme étant une menace aux monnaies souveraines, principalement à cause de son adoption qui risque d’être massive.

L’autre obstacle à l’approbation de cette crypto par les Etats est basé sur son principe de chiffrement lui-même, qui ne permet pas de contrôler les transactions. Or, les législateurs internationaux, dont les USA en tête, interdisent l’utilisation de cryptos qui proposent toutes sortes de confidentialité. Cela entre surtout dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

En Europe, les législateurs se penchent également sur les problèmes liés aux cryptos qui peuvent concurrencer les monnaies locales ou faire proliférer les niches terroristes et de blanchiment d’argent. L’UE a également lancée une enquête antitrust sur la Libra de Facebook concernant les éventuelles entraves à la libre concurrence via l’exploitation des données personnelles des utilisateurs. Telegram permet notamment de vendre des biens et des services à travers des contenus sponsorisés.

Telegram, le futur Wallet le plus utilisé au monde ?

En plus de permettre des transactions complètement anonymes grâce à son proxy VPN intégré et sa technologie de chiffrement, la blockchain TON de Telegram supportera les API tierces et les smart-contracts tout comme Ethereum. Il permettra aussi d’échanger des fichiers sans limite de taille.

De plus, il proposera une véritable innovation en remplaçant les complexes adresses chiffrées décentralisées par un système de navigation plus convivial basé sur des noms de domaines. Par ailleurs, les paiements seront totalement sécurisés et aussi faciles à réaliser que l’envoi de messages.

Telegram : de nombreuses non-conformités aux réglementations en vue

Malgré ces atouts, le projet dispose d’un délai très court pour être conforme aux attentes des législateurs financiers du monde entier. Entre autre, la décentralisation de TON ne permet à personne, même pas Telegram, de contrôler les transactions qui y transitent. Cela a pour objectif d’éviter que les régulateurs puissent identifier les utilisateurs ou bloquer les transactions.

De plus, la valeur du token sera soumise à des risques de grande volatilité, puisqu’il ne sera adossé à aucune valeur monétaire. Son cours dépendra entièrement des spéculations, des valeurs attribuées par les utilisateurs et du volume des flux des transactions. Donald Trump avait notamment critiqué les cryptomonnaies, dont les valeurs étaient basées sur du vent et des calculs mathématiques, et ne pouvaient constituer des valeurs refuges ou des monnaies d’échanges fiables.

Le financement de 1,7 milliards USD dont a bénéficié Telegram pour déployer sa cryptomonnaie Gram et sa blockchain TON risque ainsi d’être dissout. En effet, les participants à l’ICO du projet doivent obtenir leurs Grams avant le 31 octobre 2019, selon le contrat établi. Dans le cas contraire, ils devront être totalement remboursés. Si les Grams seront bien libérés à cette date, les investisseurs disposent d’une période de détention avant que les tokens ne soient distribuées au public.

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